Filip De leeuw

Portrait
  • Nom: De leeuw
  • Prénom: Filip
  • Pays: Belgique

Pourriez-vous en quelques lignes dresser un autoportrait ?

J'ai présentement 28 ans. J'ai commencé à faire des couteaux il y a de cela environ 2 ou 3 ans. J'étais incapable de trouver un emploi et j'avais besoin de quelque chose pour m'occuper.
J'ai toujours été fasciné par les couteaux, les balis en particulier. Comme je ne pouvais pas m'offrir un Benchmade, je m'en suis fabriqué un (ouais, mon oeil).
Bien que je n'aie jamais appris à travailler les métaux (j'ai étudié en Droit et criminologie), j'ai tout de même commencé mon premier couteau, un balisong basé sur le Spyderco Civilian... Ce premier projet repose encore quelque part en morceaux...

Comment avez-vous découvert le balisong et pourquoi appréciez vous ce type de couteau ?

Un de mes premiers balis était pour moi un des couteaux les plus cools que j'avais jamais vu: une lame en inox, noire, avec des branches camo... je devais avoir 12 ans. Comme il ne coupait pas plus qu'un couteau à beurre, le manipuler ne présentait aucun danger et je m'amusais avec pendant des heures. J'ai appris quelques tours par moi-même (je n'avais pas l'Internet et personne dans mon entourage pouvait me montrer). Même si je n'ai jamais pensé à faire des aérials et d'autres trucs du genre, je ne me suis jamais lassé de ce type de couteau.
Et c'est exactement la raison pourquoi j'aime ce type de couteau : on ne s'en lasse jamais ET: C'est complètement le contraire des autres types de couteaux. Lorsqu'on devient confortable avec l'ouverture d'un couteau pliant standard, celle-ci prend moins de temps. Avec un papillon, plus on devient bon, le plus long l'ouverture est. Complètement illogique, mais tellement plus plaisant.

Comment en êtes-vous venus à fabriquer des Balisongs ?

Suite à mon premier projet (premier couteau à vie), je me suis rendu compte que fabriquer un couteau papillon était plus difficile qu'il ne semblait. Je n'ai donc plus essayé pendant un moment.
Mais voilà, j'ai eu de la fibre de carbone et j'ai eu l'idée de faire un balisong tout à fait non métallique. J'ai décidé d'essayer. J'ai utilisé une plaque de 0.125 pouces d'épaisseur pour la lame, du G10 pour les branches et une tige de 1/6 de pouces de diamètre pour les rivets. Le tout tenait par simple pression ou avec de l'époxy ou de la super colle. Tuan a vu les photos et m'a demandé de lui en faire un mini. Je l'ai fait, et quand il l'a reçu, il m'a demandé si je pouvais lui en faire un en métal aussi. Ce fut mon premier balisong en métal.
Depuis ce jour, je n'en ai terminé aucun. Je veux acquérir plus d'expérience d'abord. Mais j'ai quelques lames de prêtes et je voudrais dans les prochaines semaines acheter du titane pour fabriquer des branches.

Quelle est votre source d'inspiration, votre muse ?

En fait, tout. Des photos de couteaux, de motos, de voitures, de la nature. On peut trouver de belles formes partout. J'apprécie aussi les bandes dessinées américaines, celles où les méchants ont les lames les plus magnifiques.

Le balisong est-il un couteau qui vous permet de vous exprimer artistiquement ? Trouvez-vous qu'il vous permette de vous exprimer plus qu'un autre pliant ?

Le balisong représente un défi plus important puisque la lame doit s'ajuster entre les branches. Avec un pliant normal, on peut mettre une grosse bosse sur le dos de la lame, ce qui est impossible avec un bali. C'est donc plus intéressant.
On peut aussi aiguiser les 2 côtés de la lame, ce qui est parfois un avantage.

Quels matériaux favorisez-vous pour les lames (différents aciers) et pour les branches (Titane, G20, laiton, bois) et pourquoi les préférez-vous ?

Pour les lames, j'aime bien le RWL-34, l'ATS-34 et l'acier de Damas pour les pliants. Pour les pliants, je ne suis pas un grand fan des aciers au carbone; les empreintes digitales créent de la rouille de surface et de la rouille peut s'accumuler autour des pivots sans se faire remarquer. Pour les branches, j'aime le titane. Ça ne rouille pas, c'est solide, beaucoup plus léger que l'acier... Ça paraît bien lorsque décapé, anodisé ou simplement lorsqu'on lui fait un fini satiné. Il y a une bonne variété d'options.
Pour les poignées, j'aime le G10 : facile à travailler, ça ne rétrécit pas ni ne craque si l'on change l'environnement (passer d'un atelier frais à une pièce chaude peut détruire de jolies poignées de bois).

Utilisez-vous des machines à commande numériques ou faîtes-vous l'intégralité de votre travail manuellement ? Qu'apporte selon vous l'utilisation de machines à commandes numériques ?

Je n'ai jamais utilisé de commandes numériques auparavant, mais je me renseigne actuellement sur la coupe au laser.
J'ai pensé me procurer des plaques de titanes taillées au laser. Quand je le fais à la main, cela produit beaucoup de poussière toxique, ça prend des heures et je perds beaucoup de matériel dispendieux. Sans compter la précision qu'on peut obtenir avec le laser.
Si les coûts ne sont pas trop élevés, j'espère produire quelques balis plus « mid tech »

Que recherchez-vous dans un couteau ? Et particulièrement dans un bali.

Premièrement, je dois aimer le design. Il n'a pas à être un utilitaire « classique » puisque je l'utilise pour des tâches simples comme ouvrir des boîtes, des enveloppes, etc. Des choses que je peux faire avec à peu près n'importe quel type de lame.

Avez-vous un balisong comme EDC?

J'aimerais, mais ils sont strictement défendus en Belgique.

Flippez-vous des balis ?

Certainement, j'utilise mon BM 43 modifié pour flipper.

Comment décririez-vous vos créations?

Un style Américain en gros, moderne et différent. Seulement quelques couteliers Belges utilisent le G10 et le titane, je crois même que j'ai été le premier.

Quel conseil pourriez vous donner à un coutelier amateur ou professionnel qui veut commencer à réaliser des balisongs ?

Allez-y, mais ça ne ferait pas de mal d'essayer de faire un pliant « normal » pour commencer. Un balisong semble facile, mais c'est un des couteaux les plus difficiles à faire correctement.

Comment pensez-vous que le du monde du Bali va évoluer dans le futur ?

Je vois plus en plus de couteliers commencer à en produire, et c'est une bonne chose. Tout ce que j'espère, c'est que le bali va finir par se débarrasser de sa mauvaise réputation.

Merci Filip De leeuw d'avoir pris le temps de répondre à nos questions.