Darrel Ralph

Portrait de Darrel RALPH
  • Nom: Darrel
  • Prénom: Ralph
  • Pays: Etats-Unis à Galena (Ohio)
  • Site Web: http://www.darrelralph.com/

Pourriez vous en quelques lignes dresser un autoportrait ?

Je vis et travaille à Galena, près de Columbus en Ohio. Ma femme et moi avons trois enfants : Robert, Ryan et Ian. Mon fils Ryan a 27 ans et travaille avec moi, dans mon atelier, comme coutelier à temps plein. Ryan vient tout juste de terminer son premier design de couteau en solo, le EDC Tribal. Il travaille aussi sur des balisongs.

Comment avez vous découvert le balisong et pourquoi appréciez vous ce type de couteau ?

J'ai commencé à faire des couteaux en 1987 et le premier couteau que j'ai réalisé est un balisong. J'ai toujours aimé ce couteau et j'ai souvent réfléchi à son design, et ce fréquemment, pendant plusieurs années.

Comment en êtes-vous venus à fabriquer des Balisongs?

Mon premier projet sérieux de réalisation de balisong a été le Gemini en 2000. Ce fut tout un défi. Un défi qui m'a permis de me faire reconnaître comme coutelier. Le Balisong Gemini a été très bien reçu par les collectionneurs et son succès m'a permis de poursuivre le développement de nouveaux designs de balisong.

Le balisong est-il un couteau qui vous permet de vous exprimer artistiquement? Trouvez-vous qu'il vous permette de vous exprimer plus qu'un autre pliant ?

Le Balisong présente plusieurs défis pour un coutelier. Contrairement aux autres couteaux, le bali a 2 poignées. Conséquemment, il peut être 2 fois plus difficile à fabriquer que tout autre type de couteau. Manipuler un balisong demande plus de mouvement et d'énergie que n'importe quel autre couteau. Le défi de construction réside dans la précision du montage des pièces pour s'adapter à ces mouvements. C'est aussi un défi de créer de nouveaux modèles qui soient bien équilibrés (balancés), qui soient capable de hautes performances et d'une bonne durabilité. Je m'épanouis par le développement des aptitudes à surmonter ces défis techniques par des designs intéressants et originaux. Parvenir à dépasser les difficultés techniques pour réaliser des designs originaux est particulièrement enrichissant et m'apporte un réel épanoissement personnel.

Quels matériaux favorisez-vous pour les lames (différents aciers) et pour les branches (Titane, G20, laiton, bois) et pourquoi les préférez-vous?

Je fabrique mes couteaux avec des matériaux "durable". J'essaie de choisir les plus intéressants, esthétiques et appropriés à mes designs. Je les choisi non seulement pour leur propriétés en tant que matériaux, mais j'essaie de les agencer de manière à ce que le résultat soit agréable à l'oeil. Mes lames sont faites d'acier de haute performance issus de la technologie des poudres ( je ne sais plus si c'est la technologie est poudres ou des particules???° tels les S30V, CPM S30V et CPM 154. J'utilise aussi l'acier de Damas fait par Mike Norris pour les lames autant que les branches et ce dans des motifs forgés exclusivement pour moi. Pour les branches, j'utilise autant l'acier que le titane. J'ai aussi développé une technique propre pour que la couleur d'anodisation soit durable.
Je suis aussi reconnu pour mes matériaux d'incrustation originaux. En utilisant pratiquement n'importe quel matériel qui soit durable, j'espère piquer (attiser) la curiosité des collectionneurs. Les matériaux qui ont le plus réussi à se faire remarquer sont les écailles de tortue (je sais que ça a déjà été utilisé en joaillerie), la nacre de perle (en tant que guitariste, je suis certain de celui là), la peau de requin, le Tritium et le fer de météore. Je cherche constamment des nouveaux matériaux d'incrustation intéressants.

Utilisez-vous des machines à commande numériques ou faîtes-vous l'intégralité de votre travail manuellement? Qu'apporte selon vous l'utilisation de machines à commandes numériques ?

Je fabrique uniquement des couteaux de haute performance, ce qui comprend entre autre un ajustage très précis et une construction solide. J'utilise les commandes numériques pour réaliser ces ajustages de précision avec une tolérance extrêmement faible.
Je préfère utiliser les procédés numériques lorsque c'est possible. La différence est énorme dans la qualité que j'arrive à atteindre dans le produit fini. J'ai investi ma vie dans la production de couteaux de la meilleure qualité possible et je fais tout le travail dans mon atelier à partir de mes propres designs. Peu de gens savent que je fabrique toutes mes pièces dans cet atelier; chaque écrou, pivot et pièce de fixation utilisé pour mes couteaux. Chaque pièce d'un Couteau DDR est faite ici, sous mon propre toit. Cela fait de moi un des seuls couteliers qui fabrique chaque composante de ses oeuvres lui-même.

Flippez-vous un bali ou en avez-vous un en EDC?

Je possède plusieurs balisongs. Certains sont de moi, le reste faits par d'autres excellents couteliers. Celui que je transporte le plus souvent et que j'aime le mieux est fait à partir d'un kit. C'est le TYPHOON que j'ai conçu pour KnifeKits.com. Je possède aussi quelques Jody Sampson, quelques vieux Benchmade et plusieurs Balisongs philippins.
La plupart des autres balis que j'ai manipulé étaient lourds, gauches et très mal équilibrés. Trop de couteliers nouveaux dans la fabrication des balis échouent dans leurs designs. Ils se concentrent uniquement sur l'apparence plutôt que sur l'équilibre et la performance. Beaucoup sont dans l'industrie pour faire de l'argent et n'ont pas cette passion pour la haute performance. Je base mes designs sur ce vieil adage qui dit : « Form follows function » (La forme suit la fonction). Tout en faisant des designs originaux et innovateurs, je reste concentré sur la fonctionnalité et la haute performance suivant les conseils d'experts mondialement connus dans le domaine des balisongs tels que Rob Rugur et Michael D. Janich.

Pensez-vous intégrer le principe du « spring latch » sur vos futures productions?

Je passe beaucoup de temps en recherche et développement. Une des choses sur lesquelles je continue de travailler est un « spring latch » à la fois solide, fiable et durable pour mes couteaux à haute performance. J'ai plusieurs designs en développement pour un bon « spring latch » et lorsqu'un d'eux sera à la hauteur de mes standards, je l'intégrerai. Un nouvel élément doit fonctionner parfaitement et être fiable sinon je ne le fabriquerai pas.

Comment pensez-vous que le monde du Bali va évoluer dans le futur ?

Le Balisong jouit en ce moment d'une renaissance de popularité à travers le monde. Je pense que dans un futur proche, nous verrons beaucoup de nouveaux designs intéressant pour les balis. Je crois que cette tendance continuera pour la prochaine décennie avec une approche plus « utilitaire ».
De plus, mes partenaires de KnifeKits.com et moi travaillons dur pour que la manipulation du balisong de manière compétitive soit reconnue internationalement. Nous croyons qu'une telle reconnaissance serait en faveur pour les flippers, collectionneurs et couteliers. Nous travaillons à atteindre notre but dans les prochaines années. Une des étapes les plus récentes dans l'atteinte de ce but a été d'en venir à un accord pour sponsoriser Rob Rugur.
Beaucoup considèrent Rob comme le meilleur manipulateur de Balisong en Amérique du Nord . KnifeKits.com commanditera désormais chaque participation de Rob Rugur à une compétition de manipulation de Balisong en 2006 et du même coup, contribuera à attirer l'attention du monde sur ce merveilleux couteau.

Selon vous, quels sont les avantages du système IKBS ?

L'IKBS réduit la friction aux pivots, ce qui est excellent pour les Balisongs.

Vous travaillez sur une amélioration technique, est-elle en rapport avec une nouvelle version de l'IKBS ?

J'ai obtenu la permission d'utiliser l'IKBS pour mes couteaux, mais je suis un designer à temps plein et dévoué, je travaille constamment à améliorer la fonctionnalité et la performance de mes couteaux. Mes clients et les visiteurs de mon site Web (www.darrelralph.com). Sont toujours les premiers au courrant des nouveaux développement.

Une rumeur de collaboration avec une grande firme coutelière, est ce seulement un rumeur ou une réalité. Comment avance ce projet ?

J'ai conçu plus de 100 couteaux qui ont été produit par une demi-douzaine de compagnies dans plusieurs pays. Je suis souvent approché par d'autres compagnies pour différents projets et je refuse presque toujours. Par le passé, ces projets ne m'ont pas toujours permis de garantir au client la qualité et la performance du produit final. Ce fût une déception puisque qualité, performance et fiabilité ont toujours été mes principales préoccupations en tant que coutelier. Plutôt que de revivre ces déceptions, j'ai décidé de fonder ma propre compagnie coutelière. Le nom de cette compagnie sera MAXX QUALITY KNIVES. J'ai plusieurs brevets en attente pour des modèles de couteaux et de multiples inventions en développement pour la nouvelle compagnie. Je travaille en ce moment même sur des procédés de fabrication pour une nouvelle ligne de Balisongs « MAXX Q ». Ils seront fabriqués de la manière dont JE veux qu'ils le soient; sans compromis de qualité, de performance ou de prix. Je suis soulagé de pouvoir enfin concevoir des couteaux de production comme je l'entends. MAXX QUALITY KNIVES est fondé sur les mêmes principes qui m'ont guidé en tant que coutelier: "Do not follow where the path may lead, I go instead where there is no path and leave a trail." (Ne suivez pas le chemin déjà fait. Allez où il n'y en a pas et laissez votre trace)

Merci d'avoir pris le temps de répondre à nos questions. Auriez-vous quelque chose à ajouter en terminant ?

J'ai apprécié parler avec vous de Balisongs, un de mes couteaux favoris. Mon atelier est toujours ouvert aux visiteurs qui voudraient s'arrêter et parler de couteaux. Tout ce que je demande c'est de m'avertir d'avance, particulièrement s'ils viennent de loin. Une des choses dont je suis le plus fier est que mon fils, Ryan Bailey, est maintenant un coutelier à temps plein qui travaille sur ses propres modèles. Il a travaillé dur dans mon atelier pendant 5 ans et je suis excité et fier de lui transmettre ce que j'ai appris et de voir ce qu'il peut accomplir. J'en suis rendu là, à léguer mon savoir à la prochaine génération de coutelier. ~ Darrel

Darrel RALPH